Tremblements : un conte pour initier les enfants aux mystères des séismes
Le projet intitulé «Tremblements» s’adresse aux plus jeunes tout en parlant aux adultes. Il transforme la science en récit, le registre scolaire en aventure, et propose une porte d’entrée pour comprendre les séismes sans effroi inutile. Le pari est simple : rendre la géologie tangible par des images, des mots proches, et des scènes auxquelles les enfants peuvent s’identifier.
La proposition combine un court-métrage d’animation et un livre jeunesse enrichi. Le film, porté par un graphisme marqué et une narration ancrée dans la culture locale, a servi de matrice pour l’ouvrage, qui reprend les visuels et ajoute des outils pédagogiques. Le projet a été pensé pour dialoguer avec la mémoire collective, la nature et la science.
Objectifs pédagogiques et artistiques
Sur le plan pédagogique, l’objectif principal est l’éducation : expliquer pourquoi la terre bouge, comment la faille agit, et quelles réactions adopter. Les formulations sont courtes, les liens de dépendance entre mots sont privilégiés, afin que le jeune lecteur puisse suivre chaque idée sans perdre le fil. La narration propose des scènes où la terre parle, où les pierres racontent des histoires, et où la science se glisse dans le récit.
Artistiquement, l’œuvre cherche à magnifier le patrimoine graphique amazigh. Les motifs, les couleurs et les alphabets locaux deviennent supports d’apprentissage. La bande sonore, originale, est interprétée en grande partie en tifinagh/tachelhit par l’artiste gadiri Abdellah Bennabbou, avec des versions en darija et en français disponibles pour toucher différents publics.
Un fil conducteur pour capter l’attention
Le personnage principal du conte, une enfant curieuse nommée Tala, sert de fil conducteur. Tala aime explorer les collines et poser des questions. Dans chaque scène, elle découvre un fragment de la Terre, elle écoute les anciens, et elle cherche les raisons des tremblements. Par ce biais, les notions scientifiques (plaques, ondes, épicentre) sont introduites sans rupture.
L’usage d’un personnage constant permet aussi de lier la sinistre réalité des catastrophes à l’apprentissage des gestes qui sauvent. Tala rencontre une famille qui reconstruit, un musée qui conserve des mémoires, et des enfants qui jouent avec des symboles traditionnels. Ces rencontres font tomber les mythes et déconstruisent les superstitions, tout en offrant un cadre rassurant pour aborder des sujets lourds.
En synthèse, Tremblements transforme le savoir en conte. Il ouvre la porte aux mystères des séismes sans effacer leur gravité, et il accompagne enfants et adultes vers une compréhension claire et collective.
Géologie racontée : comment un conte traduit la science des séismes en aventure
La science devient accessible lorsque chaque terme trouve une place dans une scène. Dans Tremblements, la géologie s’explique en gestes, en images et en métaphores visuelles. Le récit décrit les plaques comme de grandes planches qui glissent, les ondes comme des vagues qui traversent la terre, et l’épicentre comme le cœur d’une réaction.
Les explications sont courtes. Elles privilégient la proximité entre mots, et favorisent ainsi la compréhension. Les enfants apprennent que la terre n’est pas immobile ; elle vit, respire et parfois se secoue. Cette image vivante permet d’introduire des concepts qui pourraient paraître abstraits.
Décomposer les mécanismes en scènes
Chaque notion scientifique est associée à une scène concrète. Par exemple, la collision entre deux plaques est représentée par deux familles d’éléments naturels qui se rencontrent et se frôlent. Cette scène montre la cause et l’effet : pression, rupture, ondes. Ainsi, la séquence devient mémorable et permet une restitution facile par l’enfant.
Un exemple précis : dans le film une falaise raconte comment, autrefois, elle s’était fendue. Tala observe, touche la roche, pose des questions. L’explication introduit la notion d’accumulation d’énergie et de libération soudaine. Puis le récit décrit les conséquences sur les maisons et la nature, avec des images de reconstruction.
Cas pratique et prévention intégrée
Le livre reprend ces scènes et ajoute des pages pratiques. Parmi elles, des conseils sur la sécurisation des habitations, la constitution d’un kit de survie, et les bons comportements pendant un séisme. Ces chapitres sont illustrés par Tala mettant en pratique les conseils : se mettre sous une table, s’éloigner des vitres, rester près d’un mur porteur. Ainsi, la théorie rejoint l’action.
Une anecdote rend la prévention plus concrète : le Musée de la Reconstruction d’Agadir a été livré seulement cinq heures avant le séisme majeur qui a touché la région d’Al Haouz. Ce fait, repris dans le récit, illustre combien la mémoire des lieux et la prudence sont essentielles. Les mots courts, les images nettes et les gestes simples renforcent l’apprentissage et la rétention.
En conclusion de cette section, la science se diffuse par l’aventure. Le lecteur ressort avec des idées claires sur les causes des tremblements et des gestes concrets pour y faire face.
Culture amazighe et mémoire collective : art, langues et traditions dans l’œuvre
Un des atouts majeurs de Tremblements est l’ancrage culturel. Le projet ne se contente pas d’enseigner la géologie, il met en valeur un patrimoine graphique et linguistique souvent méconnu. Les pages et l’écran regorgent de signes amazighs, de motifs géométriques et d’alphabets tifinagh qui font office de pont entre passé et présent.
La bande originale, chantée en tifinagh/tachelhit, renforce ce lien. Les versions en darija et en français ouvrent le récit à un public plus large, sans diluer les racines. Les visuels, créés par l’artiste à l’origine du projet, servent de terrain d’apprentissage où chaque symbole devient indice et question.
Jeu et apprentissage : retrouver les symboles
Le livre propose un jeu : retrouver des symboles amazighs cachés dans les illustrations. Ce mécanisme ludique crée une interaction, stimule l’observation, et encourage l’enfant à associer le signe à une histoire ou à une idée. Le glossaire qui accompagne le livre initie aux mots amazighs et arabes, facilitant l’apprentissage des langues et la reconnaissance des éléments culturels.
Un exemple concret : une double-page montre la vallée, des maisons en argile, et des signes tissés dans les vêtements. Le lecteur doit trouver un symbole particulier, puis lire son explication. Ce procédé relie l’enfant à la communauté et lui offre un sentiment d’appartenance.
Impact social et pédagogique
Au-delà de l’esthétique, cette approche a un rôle de déconstruction des superstitions. Dans de nombreuses régions, les catastrophes sont encore enveloppées de croyances. Le conte propose des récits alternatifs, basés sur l’observation et sur des explications scientifiques. Ce travail contribue à une meilleure préparation collective et à une mémoire vivante des territoires.
Le parcours du film en festivals illustre la portée internationale de cette démarche culturelle. Sélectionné dans de nombreux festivals et primé à l’étranger, le film prouve qu’un récit enraciné peut parler au monde entier. Pour découvrir le film et son univers, il est possible de découvrir le film en ligne, et de consulter des ressources complémentaires proposées par des diffuseurs spécialisés.
Ce mariage entre art, langue et savoir scientifique donne aux enfants une clé pour comprendre les mystères de la Terre et renouer avec des formes de mémoire souvent négligées. Insight : la culture locale peut servir d’appui pour une éducation universelle et durable.
Sensibilisation et prévention : le livre comme outil pour se préparer aux catastrophes
Après la diffusion du film, l’adaptation en livre a rendu possible l’ajout d’outils pratiques. Les pages dédiées à la prévention expliquent comment sécuriser une habitation, composer un kit de survie et adopter les bons comportements pendant un séisme. Ces rubriques ne sont pas présentées comme des manuels froids mais comme des séquences pratiques intégrées au récit.
Par exemple, une double-page montre Tala interrompant une partie de jeu pour vérifier un coin de la maison. Elle replace des meubles, inventorie des fournitures, et marque un point d’évacuation. Le geste est simple et répétable. Les actions sont décomposées étape par étape, ce qui facilite l’application réelle.
Contenu concret et accessible
Le livre propose une liste visuelle du kit de survie : lampe, eau, couverture, médicaments, copies de documents essentiels. Chaque item est illustré et expliqué en deux phrases. Cette liste visuelle aide les parents à préparer un sac et les enfants à comprendre l’utilité de chaque objet. La pédagogie repose sur la répétition et la démonstration.
En outre, des pages consacrées aux comportements pendant la secousse offrent des scénarios : si la famille est à la maison, si elle est à l’école, ou si elle est dehors. Chaque scénario décrit des actions courtes et prioritaires, comme se mettre à couvert ou se diriger vers un espace ouvert. L’approche réduit l’anxiété et renforce la confiance.
Solidarité et redistribution des bénéfices
La dimension sociale du projet est forte. La totalité des bénéfices et des droits d’auteur générés par les ventes au Maroc est reversée à l’association Amesip, qui intervient auprès des enfants affectés par le séisme de 2023. Ce geste transforme l’objet culturel en outil de reconstruction sociale. Il engage les lecteurs et les acheteurs dans une démarche solidaire et responsable.
Par ailleurs, l’édition du livre par La Boîte à Culture et la signature d’un accord avec le label Quanto permettent une diffusion hors du Maroc, augmentant l’impact de la sensibilisation. Cette circulation internationale ouvre des perspectives pour adapter les messages de prévention à d’autres contextes, en respectant les différences culturelles.
Final insight : un ouvrage jeunesse peut être simultanément une œuvre d’art, un support d’éducation et un levier d’entraide concrète.
Trajectoire internationale et perspectives : du court-métrage à une collection éducative
Le parcours du film a donné une visibilité internationale à la démarche. En 2025, le court-métrage a été sélectionné par 76 festivals dans 26 pays et a obtenu au moins 15 distinctions. Parmi les prix figurent le Prix du Meilleur film scientifique Jeunesse au Festival CinéGlobe du CERN à Genève et le prix du Meilleur film d’animation professionnel au Raw Science Film Festival à New York.
La projection au sein de l’Institut de physique du globe de Paris lors du festival Pariscience en 2024 a souligné le pont entre la recherche et la création artistique. Ce parcours confirme qu’une histoire enracinée peut mobiliser des publics variés, des jeunes spectateurs aux communautés scientifiques.
Vers une collection : ambitions et nouveaux titres
Le succès dessine une route : créer une collection autour de thèmes naturels et sociétaux. Le projet s’appelle déjà «Épicentre» et un second titre est en production. Intitulé «Flots», il abordera l’hydrologie et s’inscrira en partenariat avec le Musée Mohammed VI de la civilisation de l’eau à Marrakech. L’ambition est de développer une série d’ouvrages et d’animations qui mêlent science, culture et prévention.
Ce modèle repose sur plusieurs principes : s’ancrer localement, traduire la science en images et actions, et rendre l’apprentissage attractif. La logique est reproductible pour d’autres risques naturels, d’autres territoires, et d’autres langues.
Ressources et actions pour accompagner le lecteur
Pour soutenir la diffusion et l’exploitation pédagogique, des ressources complémentaires sont proposées. Ateliers en bibliothèque, séances scolaires, et fiches pédagogiques destinées aux enseignants font partie du dispositif. La coopération avec des institutions muséales et des centres de recherche permet d’actualiser le contenu en fonction des connaissances et des événements récents.
Liste des principes pour un conte éducatif réussi :
- Ancrage culturel : utiliser des éléments locaux pour renforcer l’identification.
- Clarté scientifique : traduire les concepts en scènes simples et mémorables.
- Interaction : proposer des jeux, des glossaires et des actions pratiques.
- Utilité sociale : associer la diffusion à des actions de solidarité.
- Évolutivité : prévoir des adaptations pour d’autres contextes et d’autres risques.
Pour explorer d’autres ressources audiovisuelles et adaptations, il est possible de consulter une page de diffusion spécialisée qui propose des extraits et compléments pédagogiques, comme la section dédiée à la jeunesse sur certaines plateformes: livre jeunesse et ressources. Cette ouverture favorise l’accès international au projet.
En guise d’insight final : la rencontre entre art et science crée des ponts durables pour l’éducation, et permet aux enfants de transformer la peur en connaissance et en action.